Rétro pilote : Chips (1977)

CHiPs / Pilot
Saison 1, Episode 1 sur 22
Diffusion vo : NBC – 15 septembre 1977
Diffusion vf : Antenne 2 – 18 septembre 1983


Ils sont deux, ils sont beaux et ils patrouillent à moto au jour le jour sur les autoroutes californiennes !




Alala, Chips … Toute ma jeunesse. Une série culte, une série tellement culte que l’épisode 1.14 de Hawaii Five-0 lui rend hommage. C’est dire. Une série qui me rappelle énormément de souvenirs avec la patrouille que l’on faisait, enfourchant nos BMX avec une canette entre le cadre et la roue ou un bout de carton dans les jantes pour faire le bruit de la moto. On assurait la paix et la tranquilité dans le quartier, enfin quand on ne se faisait pas engueuler par les vieux parce qu’on faisait trop de bruits, les mêmes vieux qui se plaignaient que le quartier était sans vie quand on a grandit et qu’il n’y avait plus de jeunes jeunes dans la rue hurlant wou wou wou avec un vélo faisant tactactactactac. Alala ces vieux. Pas un pour rattraper l’autre.


Et donc ce pilote, que vaut-il ? Et bien, ce n’est pas un pilote déjà. En fait, l’épisode pourrait presque se retrouver n’importe où dans la saison 1 et c’est une force. On évite ainsi le jeune rookie qui débarque. On entre dans le vif du sujet avec Jon Baker qui chaperonne Frank « Ponch » Poncherello qui arrive au terme de sa probation, probation qui sera relancée à la fin du pilote et deviendra un recurring gag de la saison 1, le pauvre Ponch étant toujours sous la menace ou sur le point de mettre fin à une période de probation.
On est donc directement dans le vif du sujet et c’est tant mieux. Et coté structure de l’épisode, idem. On retrouve le schéma type de la série, à savoir une « grosse » enquête, ici les voleurs de voitures de luxe, et nos deux patrouilleurs qui les coinceront plus ou moins par hasard, au cours d’une patrouille à la fin. Et on ponctue cela de deux ou trois « affaires courantes » et d’une intrigue comique, tournant généralement autour de Ponch.
Et ce mélange fonctionne bien, l’équilibre est là et cela rend le tout « réaliste ». Il n’y a pas de temps mort et lorsqu’une intrigue s’avère plus faiblarde que les autres, cela passe bien. En plus, généralement, les affaires annexes sont toujours drôles et/ou décalées comme des mamies qui se disputent pour un accrochage ou des gens essayant de faire les innocents.


Ce pilote dégage les forces qui feront le succès de la série. Déjà, cela passe par le duo de flics qui est de suite sympathique. On a Ponch, le latin dans toute sa splendeur clichée qui drague tout ce qui porte une jupe et s’exprime bruyament on va dire. De l’autre, Jon est plus sérieux, plus rigide. Pourtant, il ne l’est pas tant que ça et drague pas mal lui aussi et n’hésite pas à supporter ou au moins suivre Ponch dans ses délires, notament avec le sergent Getraher, qui lui pour le coup, est une copie conforme de tous les patrons de duos de flics de l’époque, coincé, n’en pouvant plus de son duo de choc mais l’aimant bien au final et faisant ce qu’il faut pour les protéger.
Mais là, où la série arrive à se démarquer des autres de l’époque, comme Starsky et hutch par exemple, c’est que le background policier est développé. Ils ont des collègues qui viennent leur préter main forte ou inversement. On les retrouve d’épisode en épisode et on s’attache à eux même si ils n’ont aucun développement. Cela participe à ancrer la série dans le réalisme.


Un autre fait qui ancre la série dans la réalisme et qui pourrait lui donnerun coté ringard aux jeunes d’aujourd’hui, c’est qu’ils sont des policiers normaux. Ils ne vont pas démanteler un réseau terroriste, désarmer une ogive nucléaire ou sauver le président. Non, les grosses enquêtes sont des voleurs en séries en général, sévissant sur l’autoroute comme ici des voleurs de luxe ou plus loin dans la saison, des voleurs d’arbustes, des gens faisant croire qu’ils sont en panne pour cambrioler la maison en bordure de l’autroute ou simplement retrouver un couple récupérant les déchets en bord d’autoroute parce qu’ils ont récupéré des compotes pour bébé contaminées. C’est simple, efficace et réaliste.
Les petites enquêtes participent à ce réalisme et donnent une vie crédible à l’autoroute avec des accidents, souvant cocasses comme le camion de colle du pilote ou plus loin dans la saison, un chargement d’ail renversé.


Par contre, là où on sent les 30 ans de la série, c’est au niveau de la sécurité avec nos patrouilleurs à moto en manches courtes par exemple ou des démineurs en tenue d’amiante. Le pilote les voit donner des conseils de sécurité à un gamin en vélo mais ils ne le réprimandent pas pour ses protections absentes, etc … Il y a pleins de petits détails qui feraient aujourd’hui hurler les défenseurs de la sécurité routière. Par contre, pour la vitesse, c’est normal. Les autoroutes américaines possèdent une limite de vitesse bien plus basse qu’en France, donc il ne faut pas s’étonner de les voir arrêter une personne ayant rouler jusqu’à 100km/heure ^^


En parlant de vitesse, c’est aussi ce qui pourrait paraitre génant aujourd’hui. On a l’impression qu’ils n’avancent pas dans les courses poursuites, que celles-ci se font à 30km/h maximum. Mais on peut le comprendre, étant donné la complexité de ses scènes qui se retrouvent chaque semaine, et quasiment jamais sans réutiliser les mêmes plans, du moins sur la première moitié de saison (pas encore revu la suite). Il fallait tourner tout cela dans le cadre d’une série télé, tout en comptant que pas mal de plans étaient tournés par les acteurs eux-même.
De plus, le montage et la réalisation cherchent à être dynamique. Il y a pas mal de plans assez inventifs pour l’époque qui contribue à rendre plus palpitante les courses poursuites. Enfin, ils essayent.


Enfin, un mot sur les acteurs qui sont très sympathiques. Il est difficile de ne pas aimer Larry Wilcox et Erik Estrada sans oublier Robert Pine, qui joue leur chef. Il se dégage une bonne complicité de ces deux acteurs et cela participe au charme de la série. C’est d’autant plus étonnant qu’en vrai, les deux acteurs ne se supportaient pas, un sentiment qui a grandi au fil des saisons en raison de la mise en avant de Ponch, ce qui a conduit Larry Wilcox à ne pas participer à la sixième et dernière saison.


Enfin, malheureusement, seule la première saison a été édité en DVD, il y a 3 ans déjà donc il ne faut pas trop compter voir la suite un jour. D’ailleurs, en Angleterre, seules les deux premières saisons ont été édité. On trouve facilement le coffret à pas cher. J’ai payé le mien 10 euros en fouillant chez GiFi. On le trouve assez facilement un peu partout dans les magasins comme ça à 10 ou 15 euros alors qu’elle est encore 30 euros sur Amazon. Donc n’hésitez pas à sortir de chez vous pour aller dans un magasin acheter un coffret DVD. Je sais, ça peut paraitre bizarre, un peu vieillot comme façon de faire mais après tout, pour une série qui a 34 ans au compteur mais ne les fait pas, vous pouvez bien faire cet effort ! (et en plus, il y a la vo dessus !)


Bref,

Chips n’a pas perdu de son charme pour moi et je la revois avec un énorme plaisir. La nostalgie fait pleinement son effet pour une fois et je ne regrette pas de m’être replongé dans les aventures des deux patrouilleurs d’autoroutes californiennes les plus célèbres au monde.

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Un commentaire pour “Rétro pilote : Chips (1977)”

  1. seb dit :

    pour infos, les données de vitesse sont mal traduite dans la serie, car aux USA on pale de Miles/Heure, 1miles/h = 1.6 Km/h donc quand john ou ponch disent 100 a l’heure, c’est equivalent a 160 Km/h chez nous.

    voila.

    seb.

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