Rétro pilote : Charmed – Episode 1.01 (1998)

Le livre des ombres / Something wicca this way
Saison 1, Episode 1 sur 22
Diffusion vo : The WB – 7 octobre 1998
Diffusion vf : M6 – 25 février 1999


Alors que plusieurs sorcières sont tuées, Phoebe revient auprès de ses deux soeurs et libère leurs pouvoirs de sorcières.




En cette période magique de Noel, quoi de mieux que de revenir sur la référence moderne en série de sorcellerie ? Voilà donc un retour sur le pilote enchanteur de Charmed qui met en scène les trois soeurs Halliwell, sorcières qui s’ignorent jusqu’alors et qui vont s’avérer être les plus puissantes de toutes les sorcières que le monde ait connu dès lors qu’elles s’unissent contre le mal à l’aide de la formule récurrente « Le pouvoir des trois nous libèrera ».


La génèse de la série fut assez chaotique. The WB était alors un jeune network en quête de séries fortes pour un public jeune et assez féminin. Le network recherchait alors une troisième série pour compléter son tandem « jeunes et fantastique » à succès, Buffy et Dawson. The WB se tourna alors vers Aaron Spelling, producteurs aux multiples succès dont le drama 7 à la maison qui cartonnait déjà sur le network. Le premier pitch de la série se concentrait sur trois sorcières et amies qui vivaient ensemble dans un appartement à boston. Mais certains producteurs ne trouvaient pas cela intéressant. Ce fut alors E. Duke Vincent qui proposa de faire une série sur trois soeurs qui serait accessoirement sorcières et non 3 sorcières qui seraient aussi soeurs. Ainsi, le fantastique reste présent mais ce sont les relations familliales qui sont mises en avant. Et ce fut là, la clé du succès de la série.
Le pilote établit alors un record pour un démarrage d’une série sur The WB avec 7.4 millions de téléspectateurs, record qui ne sera battu que par Smallville 3 ans plus tard. En France, 4.8 millions de téléspectateurs, soit 19.9% du public était devant ce pilote.
L’idée de centrer la série avant tout sur la famille fut vraiment la clé total du succès puisque l’audience de la série resta extrêmement stable durant les 8 saisons qu’elle dura, perdant très peu de téléspectateurs d’une année sur l’autre, hormis sur les deux dernières en raison d’une programation catastrophique de The WB. Après 178 épisodes, la série se conclua devant encore 4.49 millions de fans aux Etats Unis (4.4 millions de téléspectateurs en moyenne sur la saison 8, contre 5.5 millions en saison 1) et 3.4 millions en France où les audiences connurent également une très grande stabilité.


Et le succès de ce pilote, et par extension de la série, est justifié. Le pilote marie en effet à merveille le coté famillial et le coté fantastique de la série. Le mélange prend très bien et intéresse d’emblée. L’équilibre est là et les différents scénaristes réussiront à conserver par la suite ce mélange où le fantastique permet de mettre en valeur la famille Halliwell et ses relations amoureuses, puis amoureuses et filliales par la suite.


Les soeurs Halliwell sont donc au nombre de trois et pis c’est tout, sauf quand une décide de partir et qu’il faut en sortir une quatrième pour ne pas briser l’équilibre. On retrouve donc Shannen Doherty alias Prue Halliwell, soeur ainée et « chef » de famille. Elle est dotée du pouvoir de télékinésie. La soeur cadette est interprétée par Lori Rom dans le premier pilote mais l’actrice refusa de poursuivre l’aventure. Le pilote fut donc retourné avec Alyssa Milano, véritable atout « charme » de la série selon Aaron Spelling. Elle incarne Phoebe, la jeune femme fétarde, qui n’est pas encore totalement sortie de l’adolescence. Elle s’oppose assez vivement à Prue. Elle possède le don de prémonition. Et au milieu, on retrouve Piper, interprétée par Holly Marie Comb. Elle apparait comme le médiateur entre les deux soeurs et essaye de les faire s’entendre. Elle possède la capacité de figer le temps.


On retrouve donc trois pouvoirs assez classiques qui permettent au téléspectateurs d’entrer dans un monde « connu » et très vite délimité et expliqué. Elles sont gentilles et font le bien. On place d’ailleurs globablement la femme comme gentille dans ce pilote et l’homme comme méchant, une tendance qui se répercutera tout au long de la série qui débordera de démons masculins et de très peu de démones. Les ennemies étant en plus souvent présentées comme devant faire le mal par obligation de nature et non par choix (comme par exemple les banshees, les furies, les sirènes, …). On est donc clairement dans une série dite « girl power » mais sans que cela se voit trop.


Coté famille, on est en plein dans une dynamique traditionnelle d’une famille à trois enfants avec l’ainée sérieuse, la jeune fofolle et celle du milieu qui fait « tampon » (normal pour une « nana » … désolé). Mais très vite, le pilote éjecte cette problématique. Certes, Phoebe et Prue s’accrocheront à plusieurs reprises par la suite mais le pilote les réunit rapidement, ce qui était nécessaire, sinon pas de pouvoir de trois, ce qui aurait été problématique et aurait mis fin à la série avec la victoire du premier démon croisé dans ce pilote.
L’efficacité de la dynamique familliale s’explique assez facilement encore une fois grâce à ce pilote. Ces trois soeurs sont affreusement banales, comme tout le monde et n’importe qui peut s’identifier à elles, que cela soit dans les problèmes de boulot ou les problèmes de couple. Il n’y a rien de magique dans le job de Prue ou l’entretien d’embauche de Piper (même si elle s’en sort grâce à la magie). De même, l’épisode se paye le luxe du parallèle petit ami / démon (je vous l’ai dit plus haut à quel point les hommes sont maltraités mine de rien). Oui, parfois, les mecs ne sont avec une femme que par intérêt, ici l’intérêt étant magique (au lieu d’être financier par exemple). Et finalement, combien de femmes peuvent dire que leur ex est une enflure de première ? un enfoiré ? un vrai être maléfique ? des tonnes. Là, encore, l’épisode fait mouche et touche le téléspectateur dans son quotidien, dans son expérience.


Techniquement par contre, là, c’est dur de défendre le pilote. L’image a pris un sacré coup de vieux sans parler des effets spéciaux. Si certains s’en sortent honnêtement, le montage des gens figés fait peur à voir 12 ans plus tard. De même, l’image manque de netteté et s’avère granuleuse, même remise dans le contexte techniquement l’époque. Elle était tout simplement déjà dépassée. Et encore, j’ai revu ces épisodes sur une bonne vieille télé cathodique. Le résultat sur une télé HD doit faire très peur quand même.


Bref, 10/10

Un pilote tout simplement parfait. Tous les ingrédients sont déjà présents. La dynamique qui rythmera les 8 saisons est là et l’équilibre entre la famille et la magie, avec mise en avant du coté famille est déjà en place. Tout ce qui fait le charme de la série se retrouve dans ce pilote bien écrit, au rythme soutenu. Un pilote à revoir sans honte et une série à découvrir ou redécouvrir. Ca a bien vieilli.

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