Retro Pilote : MacGyver

MacGyver, première / Pilot

Saison 1, Episode 1 sur 22
Diffusion vo: ABC – 29 septembre 1985
Diffusion française: Antenne 2 – 4 janvier 1987

Après avoir sauver un prisonnier dans le désert, MacGyver est appelé pour aller secourir des scientifiques coincés dans un labo souterrain suite à une explosion …

Le pilote de MacGyver est un excellent exemple de pilote qui ne reflète pas la série. On sent que du travail a été nécessaire derrière lui pour arriver au MacGyver iconique que l’on connait si bien. Les ajustements ont été nombreux, particulièrement sur sa personnalité. Il est quand même bien tête à claques dans ses réparties au sein de ce pilote. J’ignore si c’est dû à la vf ou bien si la vo laisse aussi cette impression mais souvent, les interventions ironico-sarcastiques tombent à plat et sont mal venues. Un défaut qu’on ne retrouvera par la suite, l’ironie de MacGyver étant bien mieux et plus subtilement distillée dans les dialogues.

MacGyver possède aussi un coté très arrogant, renforcé par son ton ironique mal venu. En clair, il est le meilleur, il le sait et il en plaisante, comme lorsqu’il entre dans le sas pour descendre dans le laboratoire et qu’il sort qu’il ne faut pas s’inquièter, parce qu’il a un match de basket dimanche prochain. ooookéééé. Là encore, sa personalité sera bien mieux définie par la suite etn ous permettra d’adhérer à un personnage proche de nous: sympa, intelligent, débrouillard et fidèle en amitié.

La structure même de ce pilote diffère de la suite puisqu’ici, on retrouve MacGyver dans deux missions (un procédé réccurrent en saison 1), l’une avant le générique, en générale rapide puis la mission principale. Le problème vient de la mission. MacGyver apparait dans ce pilote comme une sorte de super sauveteur de l’impossible que l’on appelle en dernière solution, quand tout espoir est perdu. Dans la mission laboratoire, je me demande toujours pourquoi ils ont été le chercher. Il ne fait rien de vraiment extraordinaire, du moins rien que des pompiers « normaux » ne sauraient faire. Mais bon, le héros seul contre les éléments, qui emballe la midinette en danger (et enrhumée) au passage, ça fonctionne toujours donc …

Lorsqu’on revoit ce pilote à postériori, les problèmes suatent donc aux yeux et empèchent de rentrer pleinement dans le pilote en lui-même (on peut rajouter Pete en ingénieur quelconque dans cet épisode, son habitation dans un observatoire, son utilisation d’une arme dans la mission désert … ).

Mais tout n’est pas négatif puisque les principaux éléments de la série sont également présents. On retrouve la débrouillardise première de MacGyver qui fait avec les moyens du bord (ici du chocolat pour stopper la fuite d’acide), les bidouillages pour arriver à ses fins (la mitrailette et le lance fusée en réacteur dans la mission désert par exemple) ainsi que sa volonté pacifiste qui est le trait de caractère principal du personnage: il souhaite toujours une résolution pacifique au problème et si cela est impossible, il cherchera toujours à neutraliser l’ennemi sans dégats physiques. Il est un précurseur du genre (On retrouve cette idée de neutralisation avec Jarod le camélélon par exemple), allant à contre courant du style du moment plutôt explosif pour punir les méchants (l’agence tous risques par exemple).

Au final, la série apportait un vent de fraicheur dans la production américaine de l’époque et cela explique son succès. On pouvait s’identifier à MacGyver. Tous les trentenaires actuels ont forcément à un moment ou un autre joué à MacGyver dans leur jeunesse. Il était un modèle pacifiste et écologiste avant l’heure, le tout sans être chiant et lourdingue sur ces sujets (à quelques exceptions près suivant les épisodes. Celui du procès avec la réserve indienne m’a franchement traumatisé dans le raté total – saison 5 ou 6 par là). MacGyver reste une série qu’on peut revoir par ci, par là à l’occasion sans déplaisir. Elle vieillit bien dans le genre divertissement de fin d’après midi.

Par contre, son pilote est moins bon. Sans être mauvais, les contours de MacGyver sont encore trop grossiers et approximatifs. Il nous permet de bien voir le travail effectué par la suite pour polir le personnage et en faire le diamant qu’on connait et dont on se souvient.

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