Retro pilote : Punky Brewster (1984)

Punky trouve un foyer
Punky finds a home

Saison 1, Episodes 1 à 3 sur 22
Diffusion vo: NBC – 16, 23, 30 septembre 1984
Diffusions vf:  TF1 – 23 décembre 1985, AB1

Punky est une jeune fille abandonnée par ses parents qui trouve refuge dans un appartement vide. Henry, le vieux voisin grincheux d’en face la découvre et s’attache à elle.

Ah « pounequie brousteur ». Que de souvenirs avec cette sitcom. C’est simple, je ne peux m’empécher d’avoir la larme à l’oeil lorsque j’entends résonner les premières notes du générique. Et cela pour deux raisons, parce que j’étais fan, et parce que l’histoire de Punky est extrêmement triste.

Et ce pilote réussit le tour de force d’enchainer parfaitement une histoire simple sur 3 épisodes, sans temps. Tout repose sur la découverte de Henry par Punky et de Punky par Henry puis l’adoption de Punky par Henry. En gros, premier épisode découverte, second épisode au foyer d’acceuil en l’attente du jugement du tribunal, et troisième épisode le jugement.
Et dès ce triple épisode, on est face à une efficacité redoutable. Les scènes s’enchainent à la perfection avec une alternance drame / comédie pure tout simplement parfaite. On passe littéralement du rire aux larmes dans un enchainement naturel. Et surtout, ce triple épisode ne parait jamais lourd ou forcé dans ses scènes comiques, contrairement à Arnold et Willy.

Et la comparaison se justifie puisqu’on est en plein dans la même dynamique, à savoir des jeunes en total décalage, projeté dans un monde qui leur est  inconnu. Des jeunes pleins de vie, malicieux et très attachants. Arnold, c’est un peu Punky. Punky, c’est un peu Arnold. Honnêtement, comment ne peut-on pas s’attacher à la frimousse de Punky et ses tenues hautement improbables à base de chaussures aux couleurs différentes et son bandana sur le genou ? Et même malgré le jeu assez limite de Soleil Moon Frye, Punky est tout simplement parfaite. On rêver tous de connaitre Punky, cette jeune fille pleine de vie, milicieuse, facétieuse et toujours positive, quelque soit les problèmes et les ennuis lui tombant dessus.

Et son lot d’ennuis est plutôt corsé puisqu’elle a été abandonné par son père, puis par sa mère sur le parking d’un supermarché. Mais malgré cela, elle reste positive, poussée par l’innocence de sa jeunesse, persuadée que sa mère va revenir la chercher. La scène où elle raconte son histoire à Henry est formidablement émouvante, déjà par le dramatique de la chose mais aussi par le jeu de George Gaines, alias Henry, qui fait bien comprendre l’horreur de l’acte de cette mère indigne rien qu’avec son expression faciale.
C’est d’ailleurs là la grande force de Punky Brewster par rapport à Arnold et Willy. Henry est très nettement plus intéressant et subtil que monsieur Drummond. Henry est un vieil homme bougon, qui n’attend plus rien de la vie depuis qu’il a perdu sa femme tant aimée. Il avance dans la vie par automatisme, plus étonné de rien, plus ébloui par rien. Et l’arrivée de Punky dans sa vie va totalement le chambouler et lui rendre goût à la vie. Elle redonne des couleurs à sa vie et il donne un amour inconditionnel qu’elle n’a jamais reçu. Ce sont les deux faces de la même pièce et qui ne sont complètes qu’ensemble. D’ailleurs, l’arc de la seconde saison où George va tomber gravement malade est très fort et poignant tout simplement parce qu’il est tout aussi important que Punky dans la réussite et l’équilibre de la série.

Et puis comme beaucoup de séries reposant sur un jeune enfant, les années passent et le succès s’estompe, principalement parce que l’acteur grandit. Ici, Soleil Moon Frye perd en innocence et en attachement et se « normalise » au fil des saisons. Lors de l’ultime saison, ce n’est plus la Punky qu’on a connu et aimé. Même si elle reste très sympathique, elle n’est plus qu’une ado un peu exubérante mais très normalisée, avec des tenues normales, de nombreux amis et une vie qui tourne autour du centre commercial où George ouvrira un fast food.
Il faut aussi rendre responsable NBC de ces changements. la série était programmée lors de ses deux premières saisons le dimanche soir mais subissait les horaires fluctuants du football américain retransmit avant. Et bien souvent, l’horaire était déclaré trop tardif par les parents pour leurs enfants. NBC a donc décidé de s’en séparer au terme de la seconde saison, la refilant à la syndication qui a flingué toute la partie dramatique grave de la série pour lui permettre une diffusion quotidienne plus tôt dans la journée. Les saisons 3 et 4 seront ainsi diffusés entre septembre 1986 et mai 1987. La série se terminera sur un épisode un peu bancal où il est procédé au mariage canin de Bandit (Brendon en vo), ce qui occasionnera moultes flashbacks sur le chien et puis voilà.

On tombe donc sur une fin assez indifférente pour une série qui a su se démarquer des très nombreuses sitcoms dans le genre dans les années 80 grâce à son couple vedette extraordinairement bien caractérisé et parfaitement interprété mais aussi par un ton et un traitement mélangeant le drame et la comédie à la perfection. Et puis aussi, c’est une des rares sitcoms qui arrivait à rendre intéressant les épisodes obligatoires de ce type de série, à savoir celui sur la drogue, celui sur les viols et tout ça. Le final de la saison 2 se permet même de traiter du drame de l’explosion de la navette Columbia, quelques semaines après la catastrophe. Et sans être un épisode exceptionnel, il reste très intéressant à suivre.

Bref,

Punky est une des sitcoms marquantes des années 80, surtout par ces deux premières saisons. Elle n’hésitait pas à offrir un traitement dramatique poussé quand il le fallait, sans jamais retomber par un jeu de mots ou une blague pour désamorcer le drame. Menée par Henry et Punky, deux personnages d’exception, Punky Brewster reste une sitcom à avoir vu dans sa vie de sériephile. Intelligente, émouvante, attachante, peu de séries de ces années-là ont su traversé les décennies et être toujours très agréables à suivre, même 27 ans après.

Le générique de la saison 1:

Le générique alternatif de la saison 1:

Le générique des saisons 3 et 4:

La première partie du pilote en vf:

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Un commentaire pour “Retro pilote : Punky Brewster (1984)”

  1. Maxx dit :

    N’empêche que ce genre de sitcom, les chaines n’osent plus en faire, maintenant, on a l’impression que tout ce qui touche à la sitcom ado, ça ne peut plus être sombre ou dramatique.
    On limite au maximum la portée des différentes intrigues, il faut que ça reste le plus basique possible.
    Même si la qualité n’a pas toujours été présente, c’était bien de voir des sitcoms oser ce genre de choses.

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