Doctor Who – Episodes 6.05 et 6.06

The rebel flesh / The almost people

Saison 6, Episodes 5 et 6 sur 13
Diffusions vo: 21 et 28 mai 2011

Le docteur, Amy et Rory se rendent dans une station où sont utilisés des gangers, des répliques d’humains pour faire les tâches dangereuses au sein de ce lieu.

Mais pourquoi ont-ils cru qu’étirer l’intrigue sur deux épisodes était nécessaire ? Pour nous faire croire que la flesh / chair est là depuis super longtemps ? Sérieusement, l’intrigue aurait pu tenir en 55 minutes si la production continuait à faire du 50/55 minutes comme à la grande époque de RTD et Tennant. En tout cas, la même histoire a déjà tenu en 45 minutes dans les diverses anthologies SF style Au delà du réel.

Qui veut des fish and chips ?

Parce que oui, l’intrigue reste d’un archi classique de la SF avec les clones / gangers / androïdes / répliques issues d’une masse protéïforme / alien qui prennent conscience qu’ils sont vivants, vivaaaaaants. La bonne particularité amenée ici est qu’ils sont simplement parfaitement identiques à l’humain de base reproduit, jusque dans leurs souvenirs et façon de penser. Là encore, c’est déjà vu mais cela reste une intrigue qui a beaucoup de potentiel et pose d’excellentes bases de réflexion sur ce qu’est l’humanité et tout ça. Sauf que ce double épisode évite bien de se pencher sur cette question, tout comme l’autre question sous jacente de l’exploitation et l’esclavage. Le scénariste ne fait que survoler ces thématiques en donnant l’impression de toujours se débrouiller pour les esquiver. Il semblait en avoir conscience pourtant. Alors pourquoi ne pas remplir l’épisode avec le développement de cette thématique ? Ah ben oui, on ne peut pas rendre trop humain les gangers sinon, le zigouillage d’Amy passe moins bien.

Et pourtant, lourdement, l’humanité des nouveaux gangers est établie juste avant avec le père. L’évocation de ce fils dans le premier épisode m’avait désespéré mais le développement donné derrière est plutôt bon, même si le traitement est parfois lourd, comme par exemple la scène holographique et la rencontre sur la seule plage à disposition de la production.
J’avais également bien aimé l’évolution des personnages, même si cela s’avèe très classique avec la chef qui est xénophobe et finit par aimer les gangers et Jennifer qui se présentait comme l’inverse de la chef au début avant de finir en super monstre à cause de la folie déclenchée par les souvenirs des précédentes morts des Jenni gangers. Là encore, il y avait moyen de mieux développer cela, et surtout d’éviter le cliché du monstre difforme. Voir Jennifer avancer avec simplement les yeux explosés aurait été bien plus efficace à mon sens. Et si au passage, on avait pu éviter le sacrifice parce que, what a surprise, la porte ne se ferme que d’un coté … Mais bon, fallait bien zigouiller un des doubles de chaque paire donc …

Et du coté de nos trois aventuriers ? On n’évite pas le cliché là non plus, entre le docteur et sa main dans la flesh / chair qui du coup, plombe les 30 minutes suivantes du premier épisode, jusqu’au cliff, « oh my god, on ne s’y attendait vraiment vraiment mais alors vraiment pas du tout à un dogancteur ! ». La seconde partie N’est pas mieux en raison de la réalisation qui s’attarde trop sur les chaussures. Il était évident qu’il allait changer de chaussures. Alors du coup, c’est chiant quand on le sait, mais d’un autre coté, cela renforce la scène où Amy avoue la mort au docteur et non au ganger et les why ? qui en découlent. Par contre, la scène de révélation avec les adieux longs, trop longs et la petite morale à deux balles sur les gangers est lourde.

Seul Rory s’en sort à merveille, même si le développement s’étiole au fur et à mesure du temps pour devenir quasi nul sur la fin. Mais son duo avec Jennifer est très bon dans le premier épisode. Rory s’affirme vraiment comme le vrai compagnon du docteur tellement il apporte cette touche humaine des compagnons du docteur que Amy est incapable d’amener. Mais bon, elle a une raison, c’est juste de la bouillie cette saison la Amy.

Les liftings, ce n'est plus ce que c'était

C’est donc le cliffhanger final. On se coltine depuis minimum 5 épisodes une Ginger Ganger (© ® ™ Tyr, et sûrement d’autres). La vraie est donc prisonnière, sur le point d’accoucher et matée depuis tout ce temps par une fan de Tigh de BSG. Et ce retournement de situation est excellent sur le coup. Sauf que moi, il me laisse froid parce que voilà, on va se taper le double prochain sur « Sauvons Amy » alors que j’en ai rien à foutre de son sort et que c’est finalement bancal sur le coup, parce que la révélation, après nous avoir fait deux épisodes sur la flesh / chair sortie de nulle part mais qui est donc là depuis longtemps, mais surtout, après deux épisodes à avoir insisté sur l’humanité des gangers et l’impossibilité morale à choisir l’un ou l’autre, bah, le doc zigouille la ginger ganger sans émotion, dans une scène trop grandiloquante. On va dire qu’il fallait bien le quota serial killer / mass murderer du docteur dans cette histoire après tout.

Pourtant, l’ensemble se tient, bancalement, mais se tient avec le docteur qui va à un endroit précis pour une fois, qui sait d’avance qu’il a une ginger ganger avec lui et veut en être sûr. On a également le « temporal memories » pour expliquer les visions de la eye-patch lady et tout ça. L’ensemble se tient mais il ne fait que renforcer mon impression globale que Moffat a son histoire fil rouge à raconter et que tout le reste n’est que remplissage en attendant qu’il soit temps de faire une révélation, ou une avancée. Ce double épisode le montre bien, remplissant le temps, afin de donner consistance à la flesh / chair, nécessaire pour faire avancer son intrigue fil rouge.

Bref, 6/10

On avance dans l’intrigue fil rouge et c’est tant mieux. Malheureusement, cela se fait au prix d’un double épisode qui aurait pu être passionant mais dont la thématique n’est pas développée et qui aligne cliché sur cliché. Seul comptait la révélation finale et la mise en place des éléments pour que le tout se tienne. Dommage d’avoir alors refilé cet épisode à Matthew Graham, grand scénariste par ailleurs (life on mars, c’est lui) qui se retrouve lié par les obligations de l’intrigue moffatienne de l’année et n’a donc pas eu la liberté de faire ce qu’il voulait, contrairement à Neil Gaiman lors de l’épisode 4.

Vous pouvez laisser un commentaire, ou trackback depuis votre site.

Laissez un commentaire

Lire les articles précédents :
Minipod: Chuck – Fin de saison 4

Bonjour, bonsoir à toutes et à tous. Chuck vient de terminer sa quatrième saison avec un cliffhanger qui ne laisse...

Fermer