Pixar et moi, une grande histoire, 2ème partie

Joyeux Noel à toutes et à tous ! J’espère que vous avez été gaté par le papa Noel et qu’il a pensé à déposer un ou deux Pixar sous votre sapin ! Disney, Pixar et Noel, 3 choses qui vont tellement bien ensemble !

Seconde et dernière partie du tour d’horizon des films « classiques » de Pixar. Et même si ce n’est pas un top qui est proposé par votre serviteur (ordre chronologique de sortie), je doute fortement que les films abordés aujourd’hui, ne figurent pas dans le top 5 des Pixar de 80 ou 90% des gens. Ce sont tout simplement des incontournables de l’animation moderne, des films quasiment sans défaut.

1140-le-monde-de-nemo--WallFizzLe monde de Némo
(2003)

Même avec 10 ans au compteur, ce film reste techniquement un bijou visuel. C’est dire la qualité et le soin apportés à l’aspect technique de ce film qui offre un univers profond, des décors riches et une animation ultra dynamique. L’ensemble aide vraiment à conférer l’ampleur nécessaire à l’aventure vécue par Marin et Dory.

L’idée de génie de ce film est d’avoir su inverser les rôles traditionnels de ce type de film puisqu’on ne suit pas l’épopée de l’enfant qui devient un homme en se surpassant, mais celle de son père. Le film narre l’adolescence du point de vue des parents. Et la maitrise scénaristique est parfaite puisqu’à aucun moment, on s’arrête pour se dire que le film en fonctionne pas dans le bon sens si je puis dire. Et finalement, même si Némo a droit à son intrigue de progression au cabinet du dentiste, cela reste secondaire et presque superflu. On pourrait se passer de cette partie sans que cela impacte le film. Mais sa présence ne plombe pas du tout le rythme, enrichissant encore plus le film, en permettant à une galerie de personnages inspirés de s’exprimer.

Et c’est là l’autre grande force de ce film: tous les personnages sont géniaux et nous touchent, même Dory. Et pourtant, il y a de quoi vouloir la détester avec son hystérie permanente et son mémoire défaillante. Et pourtant, même si elle tangue sérieusement par moments, jamais elle ne franchit la ligne pour devenir insupportable. Ouf. Par contre, je crains le pire avec le projet de suite centrée sur elle et prévu pour novembre ou décembre 2015 en salles.

Bref, Némo est un film parfait et totalement maitrisé de bout en bout. Tous les aspects sont parfaitement soignés, de la technique irréprochable aux personnages attachants en passant par le scénario abouti. Du grand art.

2013_10_The-Incredibles-Wallpaper-Free-WindowsLes indestructibles
(2004)

Pixar était en feu et applique la même qualité à ce film qu’à son précédent, Némo. Et le point commun qui font de ces deux films une énorme réussite est qu’ils s’adressent tout autant aux jeunes qu’aux adultes. Les divers degrés de lecture sont parfaitement maitrisés et tout le monde trouve de quoi prendre son pied devant ces deux films.

Et pourtant, les indestructibles est parti quand même avec de sacrés handicaps: un bébé, un jeune garçon et une ado « je hais le monde » trop rebelle quoi. Et malgré cela, aucun n’est véritablement un boulet. Les scénaristes ont su jouer avec les clichés accolés à ces archétypes de personnages et c’est très plaisant de les voir évoluer. Et pourquoi cela ? Parce que, comme Némo, le film ne se centre pas sur eux, mais sur les parents. On assiste encore une fois à un film montrant la difficulté d’être parents et d’assumer le temps qui passe, pas seulement avec les enfants grandissant et qu’il faut laisser s’envoler par eux-même, mais aussi sa propre vieillesse.

Ainsi, ce film offre différentes réflexions autour de la vie, en plus de délivrer une formidable aventure bourrée d’actions et hyper révérencieuse envers les films d’action des années 60/70. Et tout cela est possible par un rythme parfaitement calibré qui permet de souffler juste quand il faut, juste le temps qu’il faut. Tout s’imbrique parfaitement pour nous permettre d’avoir l’impression que 2h ne font que 10 minutes.

En fait, Les indestructibles ne souffrent que d’un défaut, mais qui va s’accentuer d’années en année: La 3D peinait encore à l’époque pour représenter de façon correcte des humains, notamment les visages et cela se voit. Il suffit de comparer les visages dans Rebelle et Les indestructibles pour sentir le poids de l’évolution technologique. Alors certes, cela n’enlève rien au plaisir de voir ce film mais je crois que plus les années passeront, plus il risque d’être difficile pour les nouveaux venus d’entrer pleinement dans cette formidable aventure en raison de cet aspect là. Mais bon, on ne peut rien y faire.

f2afe84a673fc2a550f30ac641ee7475_largeRatatouille(2007)

Changement radical de contexte avec ce film. Jusque là, les Pixar évoluaient dans un monde soit d’humains, soit autres. Ici, le film repose sur un duo improbable entre un rat et un humain, entre Remy et Linguini. On retrouve Brad Bird au scénario et à la réalisation, le même déjà derrière Les indestructibles et sa patte se ressent.

Il livre ici un film complet alors que les apparences laissent croire à une histoire simple. Et le fil msait jouer habillement de cela, des apparences trompeuses. Il ne faut pas juger un livre à sa couverture et un cuisinier à son espèce. Et tout cela se fait subtilement. Si le rat est choisi comme héros du film, ce n’estp asun hasard, et ce à deux niveaux, le premier étant qu’on associe normalement le rat aux poubelles moisies et non aux cuisines d’un restaurant étoilé et le second sur le fait qu’en secouant un peu un rat, on obtient de l’art. Et Brad Bird se sert de ce contexte pour livrer son ressenti sur l’art en général, de sa création à sa place dans le monde, le tout en livrant à chaque des bonnes pistes de réflexion sans jamais cherché à imposer son point de vue. Et cela est permis par la grande subtilité d’écriture des personnages qui ont tous plusieurs couches sous l’apparence qu’ils renvoient aux autres, Anton Gusto, le critique étant le parfait exemple pour soutenir cela.

Finalement, Ratatouille est un film qui s’apprcie comme un bon plat. On en saisit toute la subtilité et la qualité après la dégustation, quand la seconde vague de sensations nous envahit. C’est là que le plat révèle toutes ses qualités et c’est là que le film révèle toute sa force. On s’aperçoit après coup de toutes les thématiques abordées avec naturel dans ce film. Jamais aucune thématique ne nous est imposée, toutes découlent les unes des autres et cela reste à chaque fois écrit et réalisé avec beaucoup de finesse, de justesse et de subtilité, que cela soit toute la partie liée au jugement des artistes et leurs oeuvres, la partie du rejet de l’être différent (au travers de la famille de Remy) ou le fait que l’aide vient parfois de là où on ne l’attend pas, une fois que les apparences et les jugements imposés par d’autres sont dépassés.

Ratatouille n’est pas un film qui en met plein la vue avec son action ou son humour, mais c’est l’un des Pixar les plus profonds et les plus riches dans son écriture. Une vraie réussite de tous les instants, un vrai régal à déguster encore et encore, sans modération, tant chaque nouveau visionnage nous permet de remarquer une nouvelle couche de lecture.

5fa6e5d037ff6dbf1da76a2f1eff2d40_largeWall-E
(2008)

Changement radical d’univers avec le film suivant Ratatouille. On quitte la France rêvée et figée dans les balles années pour le futur et une Terre dévastée où seul Wall-E, un petit robot d’entretien des déchets de la planète s’active encore afin de préparer le retour éventuel des humains survivants qui vivent depuis des générations dans une station spatiale. Et tout va basculer lorsque Eve, un robot d’exploration à la recherche d’une trace de reprise de vie sur Terre va débarquer.

Wall-E s’affirme là-encore par une immense réussite scénaristique. Le film propose de quoi plaire aux plus jeunes et aux plus adultes. Les plus jeunes trouvent parfaitement leur compte avec l’aventure spatial de Wall-E cherchant à sauver sa dulcinée. On assite alors à une vraie aventure, parfaitement rythmée qui tient en haleine de bout en bout (même si quelques petites longueurs et un poil de manque de surprise se font sentir par ci, par là).

Mais le film délivre aussi de quoi occuperl es plus grands avec des critiques de la société actuelle et de ses dérives, comme toute bonne oeuvre de SF se doit de le faire. Bon, on passera sur le message écologique, très classique et balancé assez peu finement, pour s’intéresser à la troisième couche, bien plus intéressante de la critique de la société de consommation à outrance et du lavage de cerveau subit par les humains. On nous dit de porter du bleu, on porte du bleu, on nous dit de porter du rouge, on porte du rouge. L’effet de masse et le coté mouton sont bien critiqués dans ce film mais, la critique porte surtout et avant tout sur les commerciaux et les grandes entreprises qui ne voient plus l’humain comme un client à servir mais comme un client à asservir. Une très bonne réflexion est amenée sur ce point et surtout, elle évite de faire des sociétés les grands méchants. Si l’humain se retrouve dans la situation dans laquelle il est, c’est à cause de ses propres et nombreux défauts, et en premier lieu, celui d’avoir laissé faire sans se poser de question. Cet aspect est parfaitement rendu par analogie avec le capitaine découvrant la vérité sur les missions d’exploration.

Bref, Wall-E est encore une très grande réussite de Pixar, sachant parfait allier action, émotion et réflexion, sans laisser le moindre spectateur sur le bord de la route et sans le prendre pour un idiot à qui il faut tout prémacher et rabacher. Il s’inscrit ainsi parfaitement dans la continuité de Ratatouille.

achblog.com-La-Haut-241448Là-haut.
(2009)

Après 4 films assez aboutis que ceux qu’on vient d’évoquer (et Cars), les attentes sont forcément très grandes pour le nouveau Pixar. Il ne doit pas décevoir et ouf, le réalisateur Pete Docter peut souffler, il a réussi à maintenir Là-haut dans la lignée de ses prédécesseurs.

Le film sait faire la synthèse de ce qui fait la force des Pixar réussis, à savoir un savant mélange entre une histoire d’aventures et des réflexions en arrière-plan. Malgré cela, tout s’emboite bien mais pas aussi parfaitement que dans Ratatouille ou Wall-E. Prenons la partie aventures par exemple. Elle sait délivrer d’excellentes scènes mais souffre tout de même d’un rythme assez haché, principalement dû à la présence d’une personna âgée. On ne peut pas la faire galoper sans arrêt. Mais du coup, lorsqu’arrive la grande scène finale, il devient assez perturbant de voir Carl sauter dans tous les sens, sans arrêt. Il y a un équilibre à trouver entre les deux. Cela impacte la partie action.

Et la partie réflexion et émotion n’est pas non plus parfaite. Il y a d’abord une vraie redondance dans les personnages, chacun reposant sur la même thématique: retrouver des repères familliaux afin d’avancer. Russell et Doug cherchent ainsi une famille à aimer, Carl ne se remet pas de la perte de sa famille et l’oiseau veut simplement retrouver sa famille. Et l’ensemble arrive à la conclusion que la famille est capitale pour avancer et qu’elle est composée des gens qu’on aime. Oui, ok. Niveau subtilité, on repassera.

Mais malgré cela, l’émotion se frait quand même un chemin et cela grâce à des personnages réussis. Le trio Doug/Russell/ Carl est excellent. Mais bon, Carl est tout simplement excellent. C’est pour moi le meilleur personnage Pixar créé à ce jour. Ce vieil homme grincheux qui n’arrive pas à se remettre de la perte de sa Ellie et qui se voit imposer d’aller de l’avant par Russell est très touchant et très émouvant. Le film prend alors une tournure mélancolique, ressassant un passé idéalisé duquel il faut se détacher pour avancer. Et cela se symbolise bien par le livre de souvenirs de Ellie. Malheureusement, la réalisation n’est pas optimale sur cette scène. Si j’ai bien compris qu’il n’avait jamais vu la suite parce qu’il était bloqué et n’avait jamais donc tourné les pages, le résultat est que je ne cesse de me demander comment il a fait pour ne jamais tourner les pages et voir que la vraie aventure de Ellie fut sa vie avec lui et non d’aller à Paradise Falls.

Bref, Là-haut est un film très agréable à voir et à suivre. Il s’inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs mais sans la réussite de ceux-ci. Le film possède trop de problème d’équilibrage et manque de subtilité pour être aussi efficace que les 4 autres de cet article.

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