Pilote : The americans

Pilot

Saison 1, Episode 1
Diffusion vo: FX – 30 janvier 2013

1981. Un couple vit tranquille en banlieue de Washington. Mais ils possèdent un secret: ce sont des agents infiltrés du KGB, chargés de missions dangereuses pouvant mettre en péril leur vie, dangers encore plus présents depuis qu’un de leurs nouveau voisin est un agent du FBI …

Fini les terroristes du Moyen Orient ou de Chine. On en revient au très grand classique qu’est l’ennemi rouge, la mère patrie des adeptes de la vodka, l’URSS. The Americans nous renvoit en plein coeur de la guerre froide, dans la dernière ligne droite de celle-ci, juste après l’élection du paranoïaque Ronald Reagan à la présidence. Le pilote essaye donc de rétablir avant tout l’ambiance du début des années 80 avec plus ou moins de réussite coté déco, vêtements, voitures et musiques (c’est toujours mieux que la trop flashy pour être honnête Carrie Diaries) ainsi que l’ambiance patriotique et paranoïaque qu’il pouvait y avoir.

On en revient donc à une époque où l’ennemi est clairement identifié et identifiable. Pourtant, en prenant le parti de se placer du coté des agents infiltrés, ce pilote place une ambiguité certaine et bienvenue. Ils sont parfaitement intégrés à leur voisinage et aux Etats-Unis. L’ennemi est devenu intérieur et pourrait être n’importe lequel de nos voisins. C’était l’une des pires peurs des américains au XXè siècle, peur ayant donné lieu aux chasses aux sorcières alias la peur rouge ou encore le MacCartisme (qu’on apprend encore ou pas au collège et au lycée). De 1950 à 1954, la commission présidée par le sénateur Joseph McCarthy traquait tous les rouges infiltrés aux Etats-Unis et ceux soupçonnés d’être sympathisants de la doctrine communiste.
Ce rappel est utile puisque tout le pilote joue clairement sur la frontière entre le bien et le mal. Qui est le véritable ennemi ? L’ambiguité attachée au couple est bien rendue par l’expression de leurs doutes et de leurs fausses certitude. Cela fait 16 ans qu’ils vivent aux Etats-Unis, un pays où à leur arrivée ils furent épatés par l’air conditionné. Ils ont deux enfants parfaitement américains et les échirures commencent à apparaitre entre eux. On ne peut que s’attacher à ce couple en plein doute et finalement, dès le pilote, alors que l’idée préconçue veut qu’ils soient les ennemis et les méchants, on a envie de les voir s’en sortir et gagner finalement.

Cela est également bien aidé par les circonstances. L’agent du FBI, leur voisin, est assez caricatural pour le moment et mérite dans le futur plus de développement et qu’il soit plus nuancé. Pour l’instant, cela reste le bon ricain élevé au grain et à l’idéologie que tous les russes sont les méchants. Mais les circonstances sont également dans leur propre mission. Apparament, on ne leur demande que de traquer des traitres à la mère patrie, des agents convertis à l’ennemi américain. Ils ne sont donc pas des méchants à proprement parler. Ils ne vont pas poser des bombes et ne tentent pas de renverser le système, ils ne font que du nettoyage finalement.Il est donc assez difficile de les voir ainsi comme des méchants.

Enfin, le dernier point à aider à l’humanisation et l’attachement au couple, réside dans la formation de Elisabeth, une formation très violente et très cruelle. On l’a prise, on l’a conditionné, on l’a violé, on l’a forcé à vivre une vie dont elle ne voulait pas forcément. Sa mère patrie lui a privé de toute opportunité de choix. On ne peut que s’attacher à elle, surtout que Keri Russell campe superbement Elisabeth.

Mais globalement, les moments les plus forts de ce pilote résident dans les rapports familliaux. Les enfants approtent une excellente touche et apportent l’eau au moulin du doute envahissant le père. Et cela aide à construire les rapports houleux avec sa femme autour de leurs convictions qui reposent sur des bases plus que fragiles.

Pour autant, tout n’est pas non plus parfait dans ce pilote. On sent quand même la longueur de ce pilote (1h08) au travers de certaines scènes trop étendues ou carrément inutiles (le pseudo suspens à deux balles quand elle lave le coffre de la voiture par exemple). De plus, il reste extrêmement didactique et prévisible. A vouloir trop être explicite, il perd en surprises et en twists bien foutus. Du coup, à aucun moment la tension ne monte vraiment. Enfin, cela manque tout de même d’enjeux au final. J’ai tout de même du mal à voir quelle forme va prendre la saison au terme de ce pilote (traitre de la semaine ? Soupçons rapides du voisin ? … )

Bref, 8/10

The Americans délivre un très bon pilote laissant entrevoir un potentiel énorme du coté de la psychologie du couple principal. Avec un peu plus de dynamisme et un coté plus imprévisible, on aurait tenu un grand pilote.

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Un commentaire pour “Pilote : The americans”

  1. tao dit :

    Pas totalement convaincu par ce premier épisode. Il y a de très bons ingrédients, des acteurs que j’adore, je suis certain que les faiblesses pourront être améliorées par la suite. Alors pourquoi je n’y crois pas à 100% ?

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