Mon top des classiques Disney récents: #3

Et oui, après le numéro 4 hier, vous avez aujourd’hui droit au numéro 3. Et devinez quoi ? Spoiler mais demain, vous aurez droit au numéro 2. Et oui, surprenant hein ? On arrive donc sur le podium des grands classiques récents selon ma petite personne. On est maintenant dans des films qu’il faut voir impérativement. Ce sont de vrais réussites mais un seul film atteint la perfection. Il est premier, vous le découvrirez après demain. Là, il reste quelques petits détails qui empèche ce numéro 3 d’être d’être parfait. Découvrez tout ceci en cliquant sur lire la suite.

#3 : Pocahontas, une légende indienne
(1995, 33ème classique; Réal: Mike Gabriel, Eric Goldberg)

Pocahontas marque un tournant pour Disney puisque c’est le première fois que Walt Disney Pictures va s’intéresser à une légende vraie et de chez eux. On n’est pas face à un conte ou une création totale mais on est face à un personnage réel qui a inspiré une légende qui va être adaptée dans ce film. Du coup, la grande peur qu’on pouvait avoir en tant que non américain, c’est un film qui ne sait pas nous toucher, dûe à notre ignorance de l’histoire américaine et ses mythes et légendes. Pour la plupart des français, les indiens s’arrêtent à celui qui grimpe sur la tour Eiffel pour emmerder Thierry Lhermitte ou à ceux qui remplissent le décor dans Lucky Luke (oui, je fais un gros raccourci, je suis sûr que j’ai des lecteurs calés en histoire américaine mais bon guys and girls, vous êtes minoritaires).

Et pourtant, ce film va réussir à être touchant pour tout le monde, simplement parce qu’il s’appuye sur une histoire finalement universelle, à laquelle la Disney’s touche a été appliqué. Il faut dire que l’histoire de Pocahontas n’a rien de bien originale. On l’a déjà vu et on l’a revu depuis, comme par exemple dans ce gros nanard d’Avatar de James Cameron. En gros, on a les méchants envahisseurs, les gentils autochtones qui vivent en harmonie et deux êtres de chaque camp qui tombent amoureux l’un de l’autre, celui du camp méchant épousant la cause juste de la gentille autochtone.

Malgré ce classissime de l’histoire, Pocahontas réussit à délivrer un film touchant, tout d’abord grâce à Pocahontas qui est à mon sens l’héroïne Disney la plus aboutie. Elle est parfaite tout simplement. Harmonieuse, belle, intelligente, courageuse, un peu espiègle, tolérante. Elle n’a aucun défaut mais ne passe pas pour autant pour quelqu’un d’insupportable de bonté et gentilesse parce qu’elle est avant tout juste. Elle comprend vite que la vie connue jusqu’alors est terminée et que l’affrontement ne ménera à rien. Il faut composer avec ces nouveaux inconnus si différents mais pourtant si proches également. Avec intelligence et subtilité, elle saura approcher ces envahisseurs et les convaincre d’ouvrir les yeux afin de vivre en paix et en harmonie.Là encore, les scénaristes ont su faire un boulot impécable car Pocahontas reste toujours parfaite. A aucun moment, elle devient insupportable par son surplus de qualités. C’est très rare de réussir ce tour de force et les scénaristes ont su s’en sortir à merveille.

L’autre grande force de Pocahontas, c’est sa fin. C’est une des rares fois où Disney ose ne pas offrir son happy end traditionnel. Pocahontas laisse partir John blessé. Elle le regarde s’en aller, sans plonger pour le rejoindre sur le bateau au dernier moment et John s’en va alors qu’on ne sait pas si il va survivre ou non. Le film réussit donc superbement sa sortie et ce plan de Pocahontas surplombant la colline pour contempler le bateau s’éloigner est juste parfait.

Mais tout n’est pas non plus parfait. John est un très bon « prince » mais il reste tout de même un poil trop lisse. Il se laisse guider et porter. A aucun moment, on ne le sent agir. Il ne fait que subir, hormis sur la scène finale d’affrontement. Le personnage aurait gagné en richesse si à son arrivée, il avait tenté de convaincre Pocahontas que la société d’où il vient est meilleure que celle de Pocahontas. Cela aurait pu offrir une belle réflexion sur le choix et l’équilibre entre une société avancée technologiquement mais coupée de ses racines et une société en harmonie avec ses racines mais manquant cruellement de certaines choses vitales comme les soins avancés. Le film esquive cette réflexion, de part John n’agissant pas vraiment pour convaincre Pocahontas, lui disant simplement que les rues et les maisons, c’est bien, point.

Le film réussit mieux l’exploitation de ces personnages secondaires avec l’amie de Pocahontas qui apporte un vrai contre point à l’héroïne par sa méfiance et sa peur des nouveaux arrivants. Mais le camp adverse s’en sort aussi très bien. Même si le méchant reste classique et assez interchangeable avec une vingtaine d’autres méchants des classiques Disney, il reste plaisant à suivre dans son ignominie vénale. Et puis il y a le petit nouveau de l’armée, un jeune qui ne connait rien et ne sait rien et se laisse terriblement influencer. Le voir perdu entre ce qui lui parait juste à faire et ce qu’on attend de lui est interressant à voir et montre bien à quel point le contexte dans lequel on évolue nous influence énormément.

Au final, Pocahontas est une franche réussite à tous les niveaux. Disney a réussi son pari d’adapter une légende inspirée d’une histoire vraie et prend le risque d’offrir une fin étonnante mais tellement belle et réussie. Pocahontas est l’héroïne parfaite de Disney, jamais égalée ni avant, ni après. Le seul petit reproche qu’on peut faire au film, c’est de ne pas avoir su rendre un peu plus consistant John. Et aussi d’avoir pondu une suite en vidéo mais là, c’est une autre histoire …

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