Mon top 10 des grands classiques Disney récents – #8 à #5

Après avoir découvert les 10 et 9 de mon top des grands classiques Disney depuis ce qui est considéré comme l’âge d’or de ceux-ci, il est temps de se pencher sur 4 films marquants bien la renaissance de Disney mais auxquels il manque le petit truc en plus qui fait qu’ils ne se retrouvent pas plus haut dans mon top. Néanmoins, ces 4 films sont magnifiques et à voir absolument. Leur richesse en fait des incontournables du cinéma d’animation.

#8 : Mulan
(1998 – 36ème classique; réal: Tony Bancroft et Barry Cook)

Mulan est un incontournable Disney pour plusieurs raisons. Il a d’abord le mérite de s’attarder sur une culture non occidentale et il le fait bien, ne sombrant pas dans les clichés qu’on peut attribuer à la période passée de la Chine. De plus, il offre une superbe héroïne à la gallerie des princesse Disney. On est très très loin de la version Once upon a time. Ici, Mulan est forte et courageuse, tout en sachant rester féminine, joyeuse et attachante. Elle réalise un sacrifice immense et son geste est bien retranscrit. On sent quelque part qu’elle s’en va défier son avenir mais aussi la société dans laquelle elle vit. Elle se dresse contre les conventions et l’inévitable destin attendu, sa propre mort qui parait inévitable, Mulan ne sachant pas se battre là où son père, un grand guerrier a perdu l’usage d’une jambe. Et Mulan doit aller affronter un pire ennemi que celui qui a couté sa jambe à son père. Pourtant, elle saura faire face et saura se dépasser magnifiquement au cours du film, réussissant par son courage et sa force à s’imposer.

Néanmoins, Mulan ne reste pas exempts de défauts. Il faut commencer par un chara design et une animation assez simpliste. C’était le style de l’époque et cela a assez mal vieilli. L’autre point noir reste la fin où Mulan réussit trop bien et trop vite à convaincre tout la Chine et son empereur que ça ne fait rien qu’elle soit une femme alors que le film nous a rappelé à plusieurs reprises qu’être une femme guerrière entrainait une condamnation à mort. Le film ne semble pas avoir su ou pu aller jusqu’au bout et n’offre pas à Mulan une fin tragique ce qui aurait donné au film une puissance dramatique extraordinaire. On doit se contenter du traditionnel happy end à la Disney et c’est bien dommage.

#7: La petite sirène
(1989 – 28ème classique; Réal: John Musker et Ron Clements)

Ce film marque le vrai tournant pour Disney et ouvre le bal d’une série de très grands films. Et coïncidence ou pas, on retrouve un tandem de réalisateurs qui offrira certains des plus beaux films à la firme de Mickey.
La petite sirène est un tournant pour Disney qui abandonne les animaux pour revenir vers les princesses, mais tout en leur ajoutant une véritable dimension et un développement scénaristique. D’ailleurs, à l’époque, j’avais dans les 10 ans quand je l’ai vu et cela devait être mon cinquième ou sixième Disney et j’avais déjà senti une vraie différence qui portait le film plus haut que les autres.
Ce film posera les bases de ce qui fera le succès des films des années 90, notamment dans les thématiques explorés: on retrouve ici la princesse qui rêve de plus que ce que le destin lui offre. Elle rêve d’aventures, d’évasion. Elle se place comme différente des siens et finalement, le film retrace la recherche de qui on est vraiment au fond de soi. On assiste ainsi un beau parcours initiatique.
En prime, Ariel s’avère être un personnage éminament sympathique, une sympathie décuplée par Claire Guyot, la comédienne lui prétant sa voix en version française. On est là face à un rare cas où la version française s’impose face à la version originale. Tour à tour joueuse, curieuse, courageuse, Ariel est un véritable exemple qui n’a qu’un seul défaut, celui des princesses Disney: elle tombe amoureuse du premier « prince » qui passe. Et elles ont quand même toutes du bol, parce qu’il n’est jamais dégueu le prince (alors que son équipage n’est pas un défilé de top models).

Porté par d’excellentes musiques, La petite sirène est un grand film. Mais alors pourquoi une place si « bas » dans le top ? Simplement parce que le scénario s’avère trop linéaire et prévisible. L’enchainement des évènements s’avère trop prévisible et surtout, il se repose parfois trop sur la naïveté de Ariel, naïveté qui n’est finalement présente que lorsque cela arrange un peu le scénario (comme par exemple lorsqu’elle accepte le contrat de Medusa alors que le personnage se ballade quand même avec de gros néons clignotants « je suis une méchante très très méchante »)

#6: La belle et la bête
(1991, 30ème classique; Réal: Gary Trousdale, Kirk Wise)

Revoir ce film montre à quel point Once upon a time a massacré la seconde plus grande princesse Disney. Ce film poursuite le mouvement inauguré par La petite sirène en nous offrant une princesse à la personnalité très riche. Belle est splendide, aussi bien physiquement qu’intérieurement où elle fait preuve d’intelligence, de courage, de volonté et surtout d’acceptation. Elle sait aller voir au delà des apparences.
Et tout le film prend le pari de jouer sur les apparences opposant la bête monstrueuse en apparence au bellâtre du coin. Et la réalité est que le plus beau des deux n’est pas le moins poilu des deux. De plus, le film ne repose sur aucune quête, aucun but à atteindre, aucun ennemi à abattre. Il se contente de raconter une romance que rien ne prédestine, dans l’adversité de la vie quotidienne et ses préjugés souvent mal fondés. Et si cela fonctionne aussi admirablement, c’est aussi parce que face à l’extraordinaire Belle, il y a la bête, le plus beau prince de Disney. Généralement, les princes de Disney se contentent d’être beau et tomber sous la charme de la princesse (Cendrillon, le prince doit avoir trois lignes dans tout le film – Eric dans la petite sirène se contente d’attendre que sa princesse réapparaisse dans sa vie). Ici, la bête s’avère être un être extrêmement complexe et dotée d’une évolution particulièrement réussie. Son contact avec Belle est d’abord rugueux, la bête ayant perdu le sens des conventions en visant isoler avant de se réouvrir à la vie au contact de la jeune femme. L’un comme l’autre va alors pouvoir enrichir l’existence de l’autre. Et c’est cela qui rend cette romance aussi magique. Ils sont juste magnifiques ensemble.

De plus, le film est porté par une gallerie de seconds rôles justes parfaits. Voir les objets interagir entre eux, tour à tour taquins, touchants ou de bons conseils, ils fonctionnent à merveille, intervenant toujours de manière juste et pile poil au bon moment, dans de splendides décors. Il y a vraiment eu un très gros travail de fourni sur le visuel de la série qui est juste magnifique.

Alors pourquoi ce film ne se retrouve pas plus haut dans le classement ? Pour deux raisons. La première est un problème réccurent chez Disney et cela frappe la quasi totalité des méchants: ils se balladent avec une grosse pancarte clignotante « je suis méchant, très méchant ». Gaston aurait gagné à montrer par moments une facette plus sensible qu’être simplement un gros macho primaire qui ne comprend rien à rien. Ou au moins, il aurait fallu peut-être nous laisser mieux deviner qu’il était devenu ainsi en raison du contexte dans lequel il évolue (on peut juste extrapoler qu’il est normal pour lui d’avoir tout ce qu’il désire puisqu’on lui a toujours offert ce qu’il voulait sans discuter). Le film aurait peut-être gagné à creuser un peu plus Gaston au détour d’une ou deux scènes plutôt qu’en nous le faisant chanter une chanson de trois minutes à sa gloire au bar.
L’autre problème que j’ai avec le film, c’est un problème d’animation. Le film est capable de livrer de superbes scènes comme celle des loups ou de la danse entre Belle et la bête mais il peut aussi rater totalement certaines scènes et surtout l’animation de son final. La combat sur les toits s’avère assez confus à suivre, la faute à une animation peu adaptée à du combat mais aussi à cette satanée pluie battante qui gache vraiment le tout.

#5 : Aladdin
(1992, 32ème classique; Réal: Ron Clements et John Musker)

Pour beaucoup de monde, ce film Disney fut une révélation. Il démontra au monde que Disney avait effectué une superbe mue. Et pour une fois, la majorité des gens ont raison. Aladdin est un film à l’image de sa lampe: magique. Et on le doit encore une fois au tandem étincellant de Disney: Clements et Musker. Ce film achève la mue amorcée par La petite sirène et poursuivie dans la Belle et la Bête, chaque film corrigeant les défauts du précédent tout en sachant conserver l’essentiel des forces.

Ici, on inverse les rôles: on est face à un héros mais qui s’inscrit dans la continuité de Ariel et Belle avec sa personnalité et son but dans la vie. Il souhaite changer de vie, il aspire à mieux que ce qu’il a et il va se lancer dans une aventure afin d’y parvenir. Et ces aventures lui permettront de découvrir qui il est vraiment. Et encore une fois, le personnage fonctionne bien parce qu’il a face à lui du répondant. Jasmine est comme lui et aspire elle aussi à se défaire de la condition que le destin lui a offert. Ils forment tous deux les deux faces de la même pièce et c’est ce qui fait qu’ils fonctionnent si bien ensemble et cela nous permet d’avoir l’une des plus belles chansons de Disney avec « Ce rêve bleu », à mon sens, bien plus percutante en version française qu’en version originale.
Et tout comme la belle et la bête, le film s’offre de superbes visuels et une gallerie de personnages secondaires extraordinaire, le génie en tête, juste génial quasi tout le temps. Il porte vraiment le film est rend excellentes des scènes qui auraient pu être bof sans lui.

Mais là où Aladdin fait mieux que la belle et la bête, c’est que le film s’offre un des plus grands méchants de Disney avec Jafar. Et bien que lui aussi se coltine la pancarte clignotante fluo « je suis méchant », le jeu imprimé au personnage par les animateurs, ainsi que les excellentes prestations des comédiens lui prétant leur voix en vo et en vf, font qu’il s’impose vraiment. Il est fourbe, manipulateur, calculateur et réussit à s’imposer comme le méchant qu’on adore détester. C’est un peu le JR Ewing des Disney finalement.

Et c’est probablement également le gros défaut de ce film: Jafar fait perdre de sa superbe à Aladdin. La héros parait trop fade face à Jafar et on peut même presque regretter qu’il gagne à la fin. La puissance du héros est trop affaiblie par la surpuissance de ce méchant.
Et le même constat s’applique aussi au génie. Si de nombreuses fois, il sauve des scènes par sa présence, d’autres fois, il apparait quand même lourd, en faisant trop. Sur la longueur du film, il est quand même un poil épuisant à toujours en faire 15 tonnes.

La perfection est quasiment atteinte. Il reste encore quelques réglages à effectuer, un équilibre quasi atteint mais pas tout à fait, chose que réussiront mieux les prochains films dans mon top.

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2 commentaires pour “Mon top 10 des grands classiques Disney récents – #8 à #5”

  1. tao dit :

    A l’inverse de toi, je suis plus un amateur des vieux classiques de Disney. Les Aristochats, Merlin l’enchanteur, Alice au pays des merveilles. J’ai beaucoup de mal avec les nouveaux Disney. J’ai vu le Roi lion assez tard, loin après sa sortie. C’est le seul film « moderne » de Disney qui m’a vraiment accroché et pour moi le dernier grand dessin animé de Disney.

    Tu saura peut être me répondre, je rêve d’un nouveau grand film Disney avec les héros historique : Mickey, Donald,… Je suis certain que ça pourrait créer un grand succès auprès des petits et des grands. Pourquoi cela ne se fait il pas ? Est ce une question de contrats, de droits ?

  2. luminalsl dit :

    J’adores tes articled sur disney !!! Ça me donne envie de me replonger dans ces dessins animes que j’adore. En tout cas bravo

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