Avatar, le dernier maitre de l’air – Bilan

Avatar the last airbender

3 saisons, 61 épisodes
Diffusion vo: Nickelodeon – 25 février 2005 / 19 juillet 2008
Diffusions vf: Nickelodeon, TF1, Game One

Le jeune Aang était destiné à devenir l’avatar, le maitre des 4 éléments capable d’apporter la paix et l’harmonie dans le monde. Malheureusement, pris dans les glaces, il disparaitra pendant 100 ans. Lorsque Katara et Sokka de la tribu de l’eau du pôle sud le sortent de sa prison de glace, il va découvrir un monde sous la domination des maitres du feu …

Avatar … On m’en a parlé comme d’une série d’animation exceptionnelle et c’est tout simplement le cas. J’ai mis du temps à la voir mais je me la suis avalé d’une traite. On est là face à une des rares séries d’animation américaine non prime time alliant à la fois technique de pointe et scénario en béton armé. A part Batman dans les années 90, je ne vois pas d’équivalent sur le plan de la réussite.

Pour résumer les débuts de l’histoire: le monde est divisé en plusieurs tribus, chacune sous le signe d’un élément: la tribu de l’eau, la nation du feu, le royaume de la terre et les nomades de l’air. Chacun de ses mondes possède des êtres capables de maitriser l’élément de leur clan. Et à chaque génération, dans un cycle tournant entre les 4 éléments, un maitre est désigné pour devenir l’avatar, celui qui maitrisera les 4 éléments et assurera l’équilibre du monde. La nation du feu, dans une volonté de conquête, décide de massacrer les nomades de l’air, tribu dans laquelle doit apparaitre le prochain avatar et ainsi éviter toute résistance. Ils y parviendront, sauf pour un maitre de l’air, le jeune Aang et ça tombe mal pour eux, c’est lui le nouvel avatar. Sauf qu’il est emprisonné dans les glaces et cela va durer 100 ans, jusqu’à ce que deux jeunes frères et soeurs, Sokka et Katara, le libère …

Intéressons nous à la  technique d’abord. La série s’avère dotée d’un design des personnages classiques. On est face à un trait peu original, déjà vu, mais clair et efficace. Mais le vrai point fort réside dans l’animation et la réalisation. Les combats sont dotés d’une animation à toute épreuve rendant les combats vifs et dynamiques. Le tout est supporté par une réalisation de haute volée alliant des plans osés pour une série d’animation, conférant aux combats un aspect cinématographique des plus réussis. C’est juste un véritable régal que de suivre les échanges entre ennemis avec des mouvements inspirés des arts martiaux et amplifiés par la manifestation du pouvoir élémentaire du combattant.

L’autre force de la série est donc dans son ambiance « réaliste ». Comme je viens de le dire, les techniques de combats sont inspirés de divers arts martiaux asiatiques et donnent un coté réaliste, varié et aussi un peu exotique aux mouvements lors des affrontements. Mais ce coté asiatique se retrouve aussi dans toute la série. Les écritures sont véritables et reprennent d’anciens dialectes chinois notamment et toutes les philosophies entrevues dans la série rappellent de véritables peuples, religions et philosophies. Comment ne pas rapprocher Aang d’un moine tibétain ?

Les philosophies de vie sont donc aussi très importantes dans la série et chaque peuple, sous couvert d’un élément répond à cela. L’air représente l’insouciance et la légéreté, l’eau la force tranquille et la sérénité, la terre la force brute et la détermination et le feu la force destructrice. Pourtant, au fur et à mesure des rencontres, chaque membre s’avère bien plus complexe que cela et sait dépassé ses caractéristiques attendues par l’élément auquel il appartient. On le voit avec toute l’évolution de Zuko ou encore Tof qui n’aurait pas déparaillée au milieu des maitres de l’air par exemple.

Et puisqu’on aborde les personnages, on aborde donc la véritable force de la série. L’ensemble du casting est tout simplement parfait. Même si on est dans un cadre d’un shônen dans le genre (style DBZ, chevaliers du zodiaque … le jeune hyper doué qui va sauver le monde en progressant rencontre après rencontre), Avatar sait transcender ce cadre et développer une complexité et une profondeur propre à tous les personnages, bien loin des traditionnels shônen japonais où les personnages sont très unidimensionnels. San goku ne doute jamais dans Dragon Ball. Aang est pétri de doutes, aussi bien sur ses capacités que sur ses actions attendues. La saison 3 est tout simplement un monument de ce point de vue avec une vraie réflexion intérieure du personnage sur sa place dans le monde, sa philosophie de vie et sur ce qu’il doit faire. Katara est une jeune femme et en tant que telle, dans ce genre de fiction, on est en droit de s’attendre à un personnage secondaire, même pas de soutien. Et c’est tout le contraire. Elle va avancer, progresser, montrer une détermination, une application et une maitrise sans faille pour devenir un personnage principal et indispensable. Et la série pose rapidement ses bases. On s’attend donc logiquement à une inversion des rôles attendus entre elle et son frère Sokka. Et effectivement, au début, Sokka n’est qu’un personnage de soutien, essentiellement comique. Mais lui aussi va évoluer, et devenir une des clés de la réussite en dépit de son absence de maitrise d’un élément (on peut en cela le rapprocher de Krilin dans DBZ. Et puis qu’on compare à DBZ, Zukko est Vegeta. Mais en bien plus développé. Son voyage va littéralement lui ouvrir les yeux avant de devoir surmonter le terrible conflit intérieur qui le ronge. Le voir évoluer est un régal et les épisodes centrés sur son voyage sont parmi les meilleurs. Il représente à merveille le conflit de philosophie entre le destin prédéterminé par les origines et le destin qu’on se forge soi-même à la lueur de ses actes.

Malheureusement, tout n’est pas parfait non plus. La saison 1 s’avère assez en retrait car elle sert essentiellement à poser les bases, présenter les personnages et la situation. Elle est agréable à suivre mais elle n’a pas la profondeur des deux saisons suivantes, profondeur amenée par les doutes de chacun sur eux-même et par les nouveaux personnages introduits. Tof permet d’abtenir une meilleure dynamique de groupe à la bande de Aang et Azula est un personnage extraordinaire, d’une froideur et d’une cruauté quasi sans égale et avec une évolution formidable au fur et à mesure que la paranoïa et la folie s’emparent d’elle. Elle s’impose clairement comme la véritable menace, la vraie méchante de la série, bien au delà de son père, le seigneur du feu.

Bref, 10/10

Passer à coté de Avatar sous prétexte qu’elle est une série d’animation serait une erreur incroyable. Dotée d’une profondeur scénaristique exceptionnelle alliant réflexions philosophiques sur la vie et le destin ainsi que d’un univers riche et fouillé, d’un développement de ses personnages logique et réussi offrant à chacun une véritable importance et le tout est soutenu par une réalisation technique sans faille, dynamique et virevoletante dans les combats, Avatar est une référence, à voir et revoir. Par contre, le film live n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera jamais ! A noter qu’une série dérivée existe, The Legend of Korra, se déroulant 70 ans plus tard et s’attardant dans un univers modifié au nouvel avatar, la jeune maitre de l’eau Korra. Mes premières impressions arrivent bientôt.

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2 commentaires pour “Avatar, le dernier maitre de l’air – Bilan”

  1. Horkken dit :

    Ha Avatar. J’adorais quand ça passait et que javais le temps de regarder encore.
    Content aussi que THE LÉGEND OF KORRA ait de tres bonne review parce-que j’ai pas vu encore et j’ai pas envie d’être déçu.

  2. Horkken dit :

    Je viens de finir la série a l’instant et je me rappelais que tu en avais fait un blog post bilan. C’est tellement bien construit !!
    D’ailleurs c’est mon commentaire au dessus. 😉

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