Rétro: Wonder Woman (1976)

Titre vo: Wonder Woman, The new adventures of Wonder Woman
Episodes: un téléfilm + 59 épisodes (3 saisons)
Diffusion vo: ABC (saison 1), CBS (saisons 2 et 3)
Téléfilm: 7 novembre 1975, série: 21 avril 76 – 11 septembre 79
Diffusion française: Antenne 2 (1977 Saison 1 uniquement), La Cinq (1987 – 3 saisons)

Elle ne craint rien, ni personne, elle fonce comme un homme, c’est la justicière interplanétaire, elle jaillit comme un éclair … Wonder Woman !

Ces bonnes paroles sont issues d’un magnifique single français sorti à l’occasion de cette série et qui raconte un peu n’importe quoi pour faire de la rime puisque Wonder Woman n’est pas une justicière interplanétaire, ni ne vit en l’an 3000, ni ne fait du mal une arme telle un boomerang … La charme de la poésie parolière des années 70 … Lionel Leroy était au chant, Messieurs Jourdan et Butler étant les compositeurs. A découvrir à la fin de cet article.

Le téléfilm de Wonder Woman décrit les origines de la belle amazone, dans leurs formes la plus classique pour l’amazone. Steve Trevor s’écrase sur son île et il faut désigner Wonder Woman, celle qui le ramènera dans le monde patriarchal et s’y installera pour lutter contre le mal, distiller les enseignements amazones et jouer un jeu de séduction avec Steve Trevor contrarié par un triangle amoureux, Steve Trevor étant amoureux de Wonder Woman alors que son alter égo secret Diana Prince est amoureuse de Steve.
On retrouve également une forme très courante de production avec un téléfilm « test » et le succès aidant, la série est produite derrière quelques mois plus tard après un double épisode pour confirmer (les 1.01 et 1.02). Et pourtant, ce n’était pas gagné pour Wonder Woman. Un pilote avait été rejeté en 1967 et un second pilote avait fait un four en 1974, échec expliqué par le fait que Wonder Woman n’avait pas d’identité secrête, pas de costume et pas de super pouvoirs. Oser un nouveau téléfilm un an après, c’était un gros risque, d’autant plus que Wonder Woman était dans un marasme créatif et commercial du coté du comic book (comme expliqué dans l’article précédent sur la belle amazone). Sauf que les seventies voyaient l’émancipation de la femme et coller aux origines du comic book permettait de surfer sur cette vague.

La première saison, complétée par 11 épisodes suite aux deux premiers sont un beau succès d’audience pour ABC. Wonder Woman oeuvre aux cotés de Steve Trevor pour stopper les nazis (la saison se déroule dans le contexte de la seconde guerre mondiale). A une exception près, les 13 épisodes tournent autour d’un plan nazi pour devenir plus forts (création d’une formule rendant le caoutchouc dur comme de l’acier, des super gorilles, des kidnapping, la destabilisation de l’économie américaine avec des billets de 2 dollars, …). Wonder Woman s’en sort toujours sans user de véritable violence. Au mieux, elle pousse ou fait trébucher les ennemis ou les esquive et ils se mettent toujours KO eux-même. Bien sûr, Wonder Woman gagne toujours même quand elle perd, puisque lorsqu’elle est défaite, elle revient de suite pour stopper les nazis.
Cette première saison est également l’occasion de voir Wonder Girl à l’oeuvre, sous les traits de Drusilla, la jeune soeur de Diana, qui vient dans un double épisode et le season finale.

Cette saison 1 est fortement kitch mais très sympathique à revoir. C’est une véritable curiosité qui aligne les clichés mais dont les épisodes se tiennent. Même la propagande américaine passe grâce à  son coté décalé, du genre de l’alien convaincu qu’il faut épargner la destruction de la planète parce que les forces alliées sont bonnes et prêtes à se sacrifier.
Mais la véritable force de la saison et de la séie réside dans le casting de Lynda Carter dans le rôle de Wonder Woman. Elle est tout simplement parfaite et rend crédible les faux efforts pour faire femme forte, du style arrêter une voiture en la retenant par le pare choc par exemple. Et puis chaque épisode a son moment bien répétitif mais bien jouissif du changement tourbillonant en Wonder Woman. Un instant culte.

Malgré le succès, ABC tarde à renouveler la série et Warner qui produit la série l’offre alors à CBS qui accepte à condition de faire passer Wonder Woman à l’époque contemporaine, c’est à dire le milieu des années 70.

Le changement de contexte se fait plutôt bien, car c’est progressif. Diana explique qu’elle revient après 35 ans passés sur Paradise Island et qu’elle n’a pas vieilli parce qu’elle est immortelle là-bas. Elle se retrouve en tant que Diana Prince, membre d’une organisation de type CIA où elle retrouve Steve Trevor Jr, le fils du Steve Trevor connu en saison 1. Diana y est son assistante et très rapidement, le coté jeu de séduction s’efface pour en faire des amis. A mi saison, Steve se retrouve promu à un job de bureau et Diana oeuvre alors seule sur le terrain, dans une série qui s’est vraiment orientée vers un show d’aventures et d’action. Cela est soutenu par l’apparition de divers costumes. Si Diana tourne plus longtemps, un second bang s’entend et elle peut alors avoir une tenue adaptée à la situation: plongée, conduire une moto … Puis vers la fin de saison, le simple tour lui permet de se transformer dans la tenue souhaitée, plus besoin de le poursuivre jusqu’à un second bang.

En cours de saison, un super ordinateur remplace la sorte de Charlie des drôles de dames qui donnait les missions, puis un petit robot est introduit, permettant d’amener de l’humour (bien chiant d’ailleurs, ses gaffes n’étant pas drôles, imposées, prévisibles et il est juste chiant avec ses bilibilip)

La saison 2 se rapproche de plus en plus d’un show d’espionnage à la James Bond, Wonder Woman allant régulièrement dans divers pays imaginaire en tant qu’agent sous couverture et déjoue des dangers divers et variés du type des plans terroristes à stopper, des individus à protéger, maintenir une reine en place en empéchant un voleur de voler la couronne, empécher des aliens de vider l’sprit humain afin d’en faire des esclaves ou encore empécher Paradise Island de devenir un site de tests nucléaires.
On retombe alors sur un show rappelant ceux de l’époque, à l’instar de l’homme qui valait 3 milliards par exemple. Il manquait ce coté kitsh et décalé qu’il y avait en première saison et rend du coup, cette saison moins agréable suivre, d’autant qu’elle est plus longue avec 22 épisodes (contre 13 et un téléfilm en saison 1). En fait, quand on compare le premier et le dernier épisode de cette saison, on a l’impression de voir deux séries différentes.

La saison 3 va aller encore plus loin dans les changements puisque CBS a eu la très grande idée de vouloir cibler plus les adolescents et les jeunes adultes. Du coup, Steve devient presque un figurant, Diana n’étant quasiment jamais à Washington. Rover, le robot chiant est encore plus mis en avant et s’avère être encore plus insupportable. Wonder Woman est égalment plus physique, n’hésitant plus à se battre et donner des coups de poing. De plus, les histoires impliquent souvent des jeunes gens avec des thèmes « hype » pour la jeunesse. Ainsi, par exemple, Wonder Woman doit découvrir qui manipule une équipe de foot universitaire, doit découvrir ce qui se cache derrière la disparition d’une pop star ado, doit affronter un télépathe disco, sauver un skatteur manipulé par un parieur (même pas diffusé par La cinq, faudra attendre la diffusion sur 13eme rue) et des conneries du genre.
Le dernier épisode produit atteint des sommets puisqu’il est introduit une nouvelle équipe à Los Angeles pour aider Wonder Woman. Il devait servir d’introduction à une saison 4 revampée où Wonder Woman aurait fait équipe avec un homme invulnérable et un chimpanzé tout aussi invulnérable et sans Steve Trevor qui de toute façon n’était quasiment plus vu à l’écran depuis quelques épisodes …  (et ces crétins de CBS l’ont diffusé en avant dernier …)
Malgré la dérive totale et insupportble de la série qui n’a plus rien de ses origines et dont la dernière saison est très difficilement regardable aujourd’hui (les épisodes sont juste chiants et inintéressants), l’audience se tenait encore. Pourtant CBS ne voudra pas d’une saison 4, préférant miser sur les sitcoms (oui, l’époque est bien différente 30 ans après où le policier règne sur ce network)

Wonder Woman a donc été tué par les changements de direction artistique et c’est malheureux. A l’instar du Batman des années 60 (j’y reviendrais un jour), la première saison est formidablement décalée et s’avère intemporelle ou presque. C’est encore un plaisir de suivre ces épisodes très kitch, très stéréotypés, avec des méchants très méchants et limite Papa Schultz dans l’idée tellement ils sont crétins. Par contre, si la saison 2 offre quelques épisodes sympas, la qualité diminue en cours de route et s’effondre en saison 3 qui est tout simplement inregardable aujourd’hui, sauf si on est adepte du masochisme prononcé.

Malgré cela, la série a connu un vrai gros succès aux Etats-Unis et a marqué plusieurs générations puisque les épisodes ont tourné en boucle en syndication durant toutes les années 80 et une bonne partie des années 90, au contraire de la France où les diffusions furent plus confidentielles et espacées (même le groupe AB ne l’a pas fait tourné en boucle sur ces différentes chaines dans les années 2000 où elle fut diffusé deux ou trois fois sur RTL 9)

C’est vraiment dommage, d’autant plus que c’est le seul matériel tourné en live sur la belle amazone qui mérite vraiment plus d’exposition et surtout, un showrunner qui maitrise les particularités du personnage et pas un network qui pense savoir ce qui est préféré par son public …

Et on passe aux vidéos !

Générique saison 1:

Wonder Woman generique par cib79

Générique saison 2:

Générique saison 3:

Wonder Woman se transforme et attrape le méchant avec son lasso:

Wonder Woman – Femme du ciel:

Vous pouvez laisser un commentaire, ou trackback depuis votre site.

Laissez un commentaire

Lire les articles précédents :
Minipod: Retour sur Angel

Bonjour, bonsoir à toutes et à tous. Le mois d'août est là et c'est donc l'heure d'avoir sa dose hebdomadaire...

Fermer